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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 17:23

Cent pages – avec ou sans titres : L'homme qui a tué/ 1 peine 2 morts / Jour noctune. Et puis les mots : cellules /barreaux / mirador. Les poèmes sont souvent brefs, jouant avec les espaces et les majuscules. Omniprésence de la mort. Pas d'avenir. Peu de personnages sinon la femme ou le bourreau.

On comprend l'expérience qui a marqué cet homme et on sait combien tout de sa vie aurait pu être différent s'il n'avait pas traversé cette adolescence délinquante.

Le maton claque sur le néant

la porte vitrée du parloir

et l'ami s'en va comme un veuf.

 

En fait, ce qui brûle à chaque ligne, au-delà de la ligne, ce n'est pas la révolte, c'est la souffrance – souffrance liée à l'état de solitude. Le moindre contact devient intolérable pour le prisonnier tel le frottement du maillot pour le marathonien. Et c'est à ce degré de mortification que s'attise la conscience du monde, la conscience à 'être au monde'. La peau est une camisole. Et bien sûr, la vie vue d'en face n'est qu'une histoire à dormir debout – ce qui est vrai pour tout le monde. Mais quand l'homme captif se fouille jusqu'au sang, son cerveau devient alors plus vaste que le ciel. Alors il gueule la poésie. L'écriture le sauve.

Entre prison et liberté

je flotte

comme un pont.

Ci et là, éclaircies avec la mer, le soleil, quelques femmes – image obsédante – aux voiles en linceul, cousines, voire gigognes. Parfois l'amour – l'espoir ?

Sur ma coque cuivrée d'or et d'argent

un prénom tatoué – le tien – que le sel dévore…

 

On reste avec la faim d'un autre recueil, plus vaste, fait d'odeurs libres et de corps sauvages.

  

éditions Domens, 2010

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Published by Aux livres citoyens - dans Chroniques livres
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