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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 17:17

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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 17:06

Un livre lu et aimé par deux de nos plus beaux membres, qui le commentent ici, chacun sur leur blog : PAYS PERDU de Pierre Jourde (2003 - Esprit des Péninsules, repris récemment chez Balland, et chez Pocket pour la version poche)

 

9782353152339FS.gifFlorence, dans Je lis au Lit :
Avec
 Pays perdu, Pierre Jourde s'attaque à un exercice fort périlleux...  Le temps de l'enterrement de Lucie, la fille de son ami François, le narrateur revient avec son frère dans le village du Cantal d'où est originaire son père, et où il possède une ferme familiale. C'est l'occasion de revenir sur ses origines, sur le secret de la naissance de son père, de rendre compte de la beauté sublime de ce coin paumé du massif central, de s'approcher par l'écriture de l'âme de ses habitants, de faire sentir leur particularisme, sans cacher leurs tares et la crasse... l'enjeu étant de ne pas tomber dans le pittoresque et dans cette affreuse littérature de terroir ethno-folcklorico-locale. Je ne dis pas que l'auteur y réussit tout à fait... Parfois le portrait de ces paysans m'a gênée, j'y ai lu une touche de condescendance, j'y ai trouvé un poil d'application trop appuyée, un maniérisme, une préciosité dans l'écriture qui me repoussent, un petit sourire en coin qui m'embarrasse... A vouloir éviter le pittoresque, on y tombe quelquefois... Les gens sont un peu trop "croqués", à force de vouloir les magnifier, l'écriture parfois trop appliquée et alambiquée finit par les plomber...  Joseph le vieux célibataire, la tante Louise, tout ça est parfois un peu trop, un peu lourd, dans la manière et le style.

Toutefois le livre est beau, indéniablement, malgré tous ces effets un peu trop visibles. Car on sent que l'auteur connait bien ces gens-là. A force de les côtoyer, de leur parler, de revenir régulièrement dans ce hameau où il a une maison de famille, il se considère comme un des leur. Il n'a jamais perdu le contact, il aime profondément ces auvergnats, farouchement. Bref il sait de quoi il parle, et ce livre se lit au final comme un superbe hommage à ces hommes et à ce pays. Et du coup son écriture ne trébuche jamais longuement, à peine dérape-t-il, patine-t-il qu'il se rattrape dans des pages magnifiques. Il s'agit ici de ce que les géographes appelle la moyenne montagne, celle où s'accrochent les derniers paysans, ceux que Raymond Depardon filme dans son documentaire, devant lequel je pleure immanquablement. Pays perdu me rappelle violemment, comme les films de Depardon, que je porte en moi la mémoire paysanne de ces gens, de leur vie, de leur travail, mémoire qui surgit, irrépressible, bouleversante, lorsque surgit à l'écran ou sur la page le visage de celui qui aurait pu être mon grand-père.... Alors de quelle peuplade reculée, de quels autochtones rebelles Pierre Jourde nous parle-t-il dans Pays perdu? Pas plus, pas moins, de vous et de moi.

Et puis, indissociable des hommes qui l'habitent, il est question avant tout d 'un lieu dans ce livre. D'un lieu unique mais aussi universel, superbe, et pourtant rude, inhospitalier. Un lieu qui a quelque chose de mystique dans sa solitude ombrageuse et auquel Jourde associe toujours une vision métaphysique. Les pages décrivant le paysage, la nature, sont celles que je préfère, et de loin, dans ce livre. Le premier chapitre ainsi est magistral, bouleversant, pour montrer combien cet endroit est le lieu de l'extase et de la désorientation... un pays perdu, c'est  à dire un lieu qu'il faut trouver, à la fois paumé bien sûr, loin de tout, au bout de la route, mais aussi un lieu qu'il faut retrouver pour être soi, le lieu de la mémoire originelle, mais qui paradoxalement échappe toujours, se dérobe.

Pierre Jourde montre ici que la beauté peut se conjuguer avec la noirceur, que le sublime côtoie le dénuement. Et surtout que ce pays perdu, c'est avant tout le pays où il peut se perdre et s'oublier, un quelque part où l'on se sent nulle part.

 

9782266143783-0-237365.jpgFabrice, dans Shangols :

Si vos pas vous ont parfois perdu au fin fond d'un village de Lozère, de Creuse ou du Cantal, vous ne pourrez être que renversé par la justesse de ce qu'en rapporte Pierre Jourde dans ce livre à la fois cruel et élégiaque, authentique et rude ; à l'image de la campagne qu'il a choisie de décrire, quoi. Dès les premières pages, nous voilà embarqué au bout du bout d'une route auvergnate, là où se trouve une poignée de maisons abandonnée à elle-même. Le gars s'y rend pour régler les formalités d'un héritage, mais son arrivée coïncide avec la mort d'une jeune fille du village. L'enterrement va être l'occasion pour Jourde de dresser un portrait de ces habitants qu'il a toujours connus, et de se livrer à une sorte de longue apologie de la vie campagnarde, dans tout ce qu'elle a de terrible (cette horreur en faisant justement la beauté).

La campagne, c'est dur, c'est crade, c'est violent, c'est âpre. C'est pourquoi les mots choisis par Jourde le sont aussi. Son livre est un véritable poème consacré à la merde, à la crasse, aux atavismes, déviances et autres tares de ces êtres du fin fond du monde, et ça rape pas mal. Qu'il décrive une de ces mille anecdotes affreuses qui jalonnent la vie paysanne (le gars qui s'arrache le haut du crâne dans un accident, rabat juste la peau sur son front et s'en retourne bosser), qu'il s'attarde sur quelques-unes de ces légendes à base d'adultère ou d'alcoolisme qui font le terreau de ces villages, ou qu'il se laisse aller à ces très belles pages purement contemplatives sur les paysages, il est toujours d'une terrible justesse, écrivant au ras de la terre mais dans une langue jamais "basse", jamais condescendante. Jourde estime que ce pays perdu, aussi sale soit-il, et peut-être même justement à cause de sa saleté, a droit aux mots les plus nobles ; du coup, l'écriture, d'une richesse de vocabulaire fabuleuse, d'un rythme symphonique, est magnifique, très savante, très préoccupée de frapper juste et beau. Elle n'est jamais meilleure que quand elle décrit justement les déviances de ces habitants, physiques (le plaisir de voir son prénom prononcé par la mongolienne qui ne dit jamais rien pourtant) et mentales (les opinions enfoncées dans ces caboches, qui se transmettent de génération en génération). Si la langue peut parfois perdre à force d'érudition, elle retombe toujours sur ses pieds (une langue a des pieds ? passons), et finit par toucher au coeur des choses.

Surtout, derrière tout ce dispositif élégiaque, il y a un motif secret, qui n'apparaît que peu à peu, et même jamais complètement : les origines du père de Jourde sont troubles, et c'est cela seul, finalement, que l'auteur veut attrapper : son identité, les mystères de son appartenance à cette communauté paysanne extrême, sa fierté d'en être, d'avoir des racines ici, dans ce pays de merde et d'alcool. Parler des autres, des paysages, d'un territoire entier, pour parler d'une blessure intime : c'est le secret bouleversant de ce livre, un des plus beaux que j'aie pu lire sur la campagne profonde.

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Vendredi 21 mars 5 21 /03 /Mars 17:10

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Lundi 17 février 1 17 /02 /Fév 22:00

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